8 min de lecture

Olivier Marleix, député engagé sur la souveraineté industrielle

Olivier Marleix

Olivier Marleix a construit une carrière politique mêlant implantation locale en Eure-et-Loir, responsabilités nationales à l’Assemblée nationale et travail parlementaire sur les intérêts industriels stratégiques de la France. Député de la 2e circonscription d’Eure-et-Loir à partir de 2012, il a également présidé le groupe Les Républicains entre 2022 et 2024. Une part importante de son activité publique a porté sur les investissements étrangers, la réindustrialisation et la protection d’entreprises considérées comme stratégiques.

Son parcours ne se limite toutefois pas au dossier Alstom, auquel son nom reste souvent associé. Avant son arrivée au Palais-Bourbon, il avait déjà exercé plusieurs fonctions dans des cabinets politiques et occupé des mandats locaux à Anet et au conseil général d’Eure-et-Loir. Il est resté parlementaire jusqu’à son décès à Anet le 7 juillet 2025.

Quick Facts

ChampDétails
Nom completOlivier Marleix
Lieu de naissanceBoulogne-Billancourt, France
FormationSciences Po
Fonction principaleAncien député de la 2e circonscription d’Eure-et-Loir
Mandats locauxAncien maire d’Anet et ancien conseiller général d’Eure-et-Loir
Responsabilité nationaleAncien président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale
Travail parlementairePrésident d’une commission d’enquête sur la politique industrielle
Principaux sujets suivisSouveraineté industrielle, investissements étrangers et actifs stratégiques

Un parcours politique construit en Eure-et-Loir

Né le 6 février 1971 à Boulogne-Billancourt, Olivier Marleix est passé par Sciences Po avant de travailler dans plusieurs environnements politiques. Les archives institutionnelles mentionnent notamment une activité auprès de Charles Pasqua entre 1989 et 1992, puis au cabinet de Michèle Alliot-Marie de 1993 à 1995. Il a également travaillé auprès de Nicole Catala.

À partir de 1998, il devient directeur de cabinet de Martial Taugourdeau au conseil général d’Eure-et-Loir. Cette étape l’inscrit durablement dans un territoire qui deviendra ensuite le centre de sa propre carrière électorale.

Son père, Alain Marleix, avait lui aussi exercé des responsabilités politiques nationales, notamment comme député du Cantal et secrétaire d’État. Olivier Marleix a toutefois développé son propre ancrage électoral en Eure-et-Loir, loin du territoire politique paternel.

De la mairie d’Anet à l’Assemblée nationale

Son implantation élective se renforce en 2008 lorsqu’il devient maire d’Anet. Il conserve cette fonction jusqu’en septembre 2017. Parallèlement, il siège comme conseiller général d’Eure-et-Loir de 2008 à 2014 et exerce la vice-présidence du conseil général entre 2008 et 2011.

En 2012, il franchit une nouvelle étape en étant élu député de la 2e circonscription d’Eure-et-Loir. Il est ensuite réélu en 2017, en 2022 puis en 2024, ce qui lui permet d’enchaîner quatre mandats parlementaires.

Lors des élections législatives du 7 juillet 2024, il remporte une nouvelle fois la circonscription avec 26 422 voix, correspondant à 57,25 % des suffrages exprimés, contre 42,75 % pour Olivier Dubois. Ce scrutin lui donne son dernier mandat à l’Assemblée nationale.

Une place importante au sein des Républicains

La carrière parlementaire d’Olivier Marleix prend une dimension nationale supplémentaire après les élections législatives de 2022. Il devient alors président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale et exerce cette fonction jusqu’en 2024.

La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 marque la fin de cette phase de sa carrière. Les sources concordent sur une présidence du groupe LR comprise entre 2022 et 2024, même si les dates administratives précises de fin peuvent varier selon la manière dont est prise en compte la dissolution et la reconstitution des groupes.

Après sa réélection de juillet 2024, il poursuit son travail de député sans reprendre cette fonction de président de groupe.

La souveraineté industrielle au cœur de son travail parlementaire

L’un des axes les mieux documentés de son activité concerne la politique industrielle française. En 2017-2018, Olivier Marleix préside une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les décisions de l’État en matière de politique industrielle.

Les travaux portent notamment sur plusieurs dossiers majeurs concernant Alstom, Alcatel et STX. Le rapport de la commission, enregistré le 19 avril 2018, porte le nom de Marleix comme président et celui de Guillaume Kasbarian comme rapporteur.

Cette fonction institutionnelle doit être distinguée de ses positions personnelles. Le rapport est le résultat du travail collectif d’une commission parlementaire ; toutes ses conclusions ne peuvent donc pas être attribuées individuellement à son président.

Le dossier reste néanmoins central dans son parcours. Dans les années suivantes, Marleix continue à intervenir sur le contrôle des investissements étrangers, la propriété d’actifs sensibles et la capacité de l’État à préserver des activités industrielles jugées stratégiques.

Ses positions directes sur Alstom et les investissements étrangers

Après les travaux de la commission d’enquête, Olivier Marleix expose directement sa propre lecture du dossier Alstom. Dans un entretien publié en juin 2018, il estime que l’État a fait preuve d’une grande légèreté lors de la vente de l’activité concernée et qu’il n’a pas suffisamment protégé les intérêts nationaux.

Il défend également un renforcement du contrôle des investissements étrangers. Pour lui, certaines opérations touchant des entreprises stratégiques nécessitent une intervention plus attentive de l’État ainsi qu’un contrôle parlementaire plus étroit.

Ces propos correspondent à ses propres appréciations politiques. Ils ne constituent pas, à eux seuls, des conclusions judiciaires sur la conduite des responsables ou institutions impliqués dans les opérations qu’il critiquait.

Son approche dépassait néanmoins le seul cas d’Alstom. Elle reposait sur une conception plus large de la souveraineté économique, dans laquelle l’État devait conserver des moyens d’action lorsque des intérêts industriels essentiels étaient concernés.

Réindustrialisation, indépendance et politique économique

Olivier Marleix a aussi exposé directement sa conception de la réindustrialisation. Lors d’un entretien accordé à France Inter le 20 novembre 2022, il relie la désindustrialisation française à une perte d’indépendance économique et à des conséquences sociales.

Selon lui, réduire la production nationale augmente la dépendance envers les importations. Il soutient également que déplacer des productions hors de France ne supprime pas nécessairement leur empreinte environnementale, puisqu’une partie de celle-ci se retrouve alors associée aux biens importés.

Il envisage donc la réindustrialisation non seulement comme une question de production ou d’emploi, mais aussi comme un enjeu d’autonomie nationale. Cette position s’inscrit dans la continuité de ses interventions sur les investissements étrangers et les actifs stratégiques.

Ses déclarations sur les conséquences économiques et environnementales de la désindustrialisation relevaient de son analyse politique personnelle. Elles permettent néanmoins de comprendre le cadre dans lequel il inscrivait son travail parlementaire sur l’industrie.

Le dossier Segault et la continuité de ses engagements

Les préoccupations exprimées autour d’Alstom ne disparaissent pas après 2018. Le 29 mars 2023, Olivier Marleix interpelle le gouvernement à propos du projet de rachat de Segault, une entreprise fournissant notamment des équipements utilisés pour les sous-marins nucléaires français.

Dans sa question au gouvernement, il place explicitement le dossier sur le terrain de la souveraineté nationale. Son intervention porte sur les conséquences que pourrait avoir le contrôle d’une entreprise liée à des équipements stratégiques.

Cette démarche illustre la continuité de ses thèmes de travail. Plusieurs années après la commission d’enquête sur la politique industrielle, il continue d’utiliser les instruments parlementaires pour interroger l’exécutif sur des opérations touchant des entreprises sensibles.

La question parlementaire établit précisément ses préoccupations et les demandes qu’il adresse au gouvernement. Elle ne permet cependant pas de considérer automatiquement comme établies toutes les conséquences qu’il évoquait à propos du projet de rachat.

Une activité parlementaire maintenue jusqu’en 2025

Olivier Marleix reste actif à l’Assemblée nationale jusqu’aux dernières semaines de son mandat. Le 25 juin 2025, la commission des lois examine sous son rapport une proposition concernant le maintien en rétention de certaines personnes condamnées présentant des risques élevés de récidive.

Il participe ensuite aux discussions parlementaires relatives à ce texte au début du mois de juillet. Son activité institutionnelle ne s’était donc pas interrompue longtemps avant sa disparition.

Son mandat prend fin le 7 juillet 2025, date à laquelle l’Assemblée nationale enregistre également son décès à Anet. Il avait alors représenté la 2e circonscription d’Eure-et-Loir depuis sa première élection de 2012, au fil de quatre législatures.

Son héritage parlementaire et territorial

Le décès d’Olivier Marleix le 7 juillet 2025 est suivi dès le lendemain d’un hommage officiel à l’Assemblée nationale. Une minute de silence est observée en séance publique le 8 juillet 2025.

Un hommage parlementaire plus développé est organisé le 25 novembre suivant. Les prises de parole institutionnelles rappellent notamment son investissement sur la souveraineté industrielle, l’intégrité de la vie publique et les questions de sécurité. Les appréciations personnelles exprimées à cette occasion relèvent toutefois du registre de l’hommage et ne constituent pas des descriptions objectives de son caractère.

Son ancrage territorial à Anet a également donné lieu à un hommage durable. Le 7 février 2026, une rue Olivier-Marleix est inaugurée dans le centre de la commune où il avait exercé les fonctions de maire et où s’était poursuivie une grande partie de son implantation politique.

Concernant les circonstances de son décès, Le Monde a rapporté le 31 juillet 2025 que le parquet de Chartres avait conclu au suicide et clos l’enquête.

Olivier Marleix et la souveraineté industrielle française

La souveraineté industrielle constitue l’un des axes les plus constants de l’activité parlementaire d’Olivier Marleix. De la commission d’enquête de 2017-2018 à ses interventions sur les investissements étrangers et les actifs stratégiques, il a régulièrement défendu un contrôle renforcé des décisions touchant aux intérêts industriels français.

Ses quatre élections législatives en Eure-et-Loir et sa présidence du groupe Les Républicains entre 2022 et 2024 complètent ce parcours parlementaire, poursuivi jusqu’en juillet 2025.

Vous pouvez également lire: Zaire Emery a débuté au PSG avant de rejoindre les Bleus.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *