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Edwy Plenel: du Monde à Mediapart, ses convictions et sa vie personnelle

Edwy Plenel

Edwy Plenel est un journaliste français, auteur et cofondateur de Mediapart. Son parcours comprend des enquêtes au Monde, la direction de sa rédaction, puis la création collective d’un journal numérique indépendant. Il a quitté la présidence de Mediapart en mars 2024, tout en poursuivant ses articles, ses entretiens et ses interventions publiques.

Ses prises de position sur le droit à l’information et la démocratie occupent une place importante dans son travail. Son enfance en Martinique, son adolescence en Algérie et certains liens familiaux qu’il a lui-même évoqués permettent aussi de mieux connaître son histoire.

ChampDétails
NomEdwy Plenel
NationalitéFrançaise
Lieu de naissanceNantes, France
ProfessionsJournaliste et auteur
Enfance et adolescenceMartinique et Algérie
Débuts professionnelsJournaliste à partir de 1976
Responsabilités au MondeDirecteur de la rédaction de 1996 à 2004
Rôle à MediapartCofondateur ; président et directeur de la publication de 2008 à mars 2024

Les origines d’Edwy Plenel et son histoire familiale

Né à Nantes, Edwy Plenel possède des attaches familiales bretonnes. Son père, Alain Plénel, était enseignant et a exercé les fonctions de vice-recteur en Martinique. Dans un hommage personnel publié en 2013, le journaliste a également évoqué sa mère, Michelle.

Il a passé une partie de son enfance en Martinique, puis son adolescence en Algérie, avant de rejoindre la France métropolitaine. Lors d’une rencontre organisée par le Bondy Blog en octobre 2020, publiée en janvier 2021, il est revenu sur ces années de formation.

Dans son récit, les expériences vécues aux Antilles et en Algérie ont nourri sa manière de comprendre les inégalités, les préjugés et le colonialisme. Il s’agit du regard qu’il porte sur sa propre jeunesse et sur son influence dans sa vie professionnelle.

Ses premiers pas dans le journalisme

Sa biographie professionnelle situe ses débuts dans le journalisme en 1976. Il travaille à Rouge de 1976 à 1978, puis au Matin de Paris entre 1979 et 1980.

Ces premières expériences précèdent son entrée au Monde. Elles constituent les premières étapes d’une activité qui l’amènera à exercer aussi bien le métier de reporter que des responsabilités de direction.

Edwy Plenel au Monde : enquêtes et responsabilités

Edwy Plenel rejoint Le Monde en 1980. En 1985, il participe aux investigations consacrées au Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace coulé le 10 juillet de cette année-là. Des révélations journalistiques importantes suivent en septembre. Sa contribution s’inscrit dans un travail d’enquête collectif.

Le 1er février 1996, il devient directeur de la rédaction du quotidien. Cette fonction lui confère des responsabilités éditoriales distinctes de son activité antérieure de reporter.

Il annonce sa démission de la direction de la rédaction le 29 novembre 2004. Son départ de cette fonction ne correspond toutefois pas à la fin immédiate de sa présence au journal : sa collaboration avec Le Monde se poursuit jusqu’en 2005.

Dominique Baudis et les controverses journalistiques de 2003

En 2003, alors qu’Edwy Plenel dirige la rédaction, Le Monde couvre l’affaire Alègre, dans laquelle Dominique Baudis est visé par des accusations qui s’effondrent ensuite. Le quotidien reconnaît des insuffisances dans certains aspects de son traitement journalistique.

Cet épisode concerne la couverture du journal pendant son mandat. Il ne permet pas, à lui seul, de lui attribuer personnellement chaque décision rédactionnelle.

En 2021, la Société des journalistes de Mediapart a contesté certaines interprétations des accusations portant sur son rôle. Cette prise de position professionnelle appartient au débat entourant cette couverture ; elle ne constitue pas une décision indépendante tranchant l’ensemble des désaccords.

La création de Mediapart et sa vision de la presse indépendante

Après son départ du Monde, Plenel participe à la préparation de Mediapart, dont le projet se développe en 2006–2007. Le journal est officiellement lancé le 16 mars 2008, à l’initiative de plusieurs journalistes et collaborateurs.

Son modèle repose sur les abonnements. Plenel défend cette approche au nom d’une information indépendante des influences politiques et commerciales. Le journal a néanmoins compté des investisseurs extérieurs à ses débuts : ses garanties d’indépendance ont évolué depuis sa création.

En 2019, cette organisation se renforce autour d’une structure comprenant le Fonds pour une presse libre. Celui-ci, l’Association pour le droit de savoir et la société éditrice de Mediapart sont des entités distinctes. Les présentations institutionnelles actuelles de Mediapart identifient Plenel comme président de l’Association pour le droit de savoir.

La question de sa rémunération a également fait l’objet de déclarations publiques. En avril 2014, il indiquait sur LCI percevoir environ 7 400 euros bruts, soit 5 700 euros nets par mois. En mars de la même année, Le Monde avait rapporté un montant de 5 775 euros nets mensuels. Ces chiffres légèrement différents concernent sa rémunération de 2014, et non ses revenus actuels.

La transmission de la direction de Mediapart en 2024

La fin de son mandat correspond à une succession préparée à la tête du journal. Approuvée le 27 février 2024, la nomination de Carine Fouteau prend effet le 14 mars 2024. Elle devient alors présidente et directrice de la publication, fonctions que Plenel exerçait depuis 2008.

Après cette transmission, il continue à publier des articles et à mener des entretiens pour Mediapart.

Ses convictions sur la démocratie et le métier de journaliste

Lors de sa rencontre avec le Bondy Blog, Plenel insiste sur la vérification des informations, la recherche de preuves et la possibilité donnée aux personnes concernées de répondre. Il met également en garde contre une pratique où les préférences politiques détermineraient les conclusions d’une enquête.

Il présente le journalisme comme un apprentissage permanent. La curiosité et la générosité figurent parmi les qualités qu’il juge nécessaires pour comprendre les personnes dans leur complexité. Ce sont les principes professionnels qu’il défend dans cet échange.

Dans un entretien accordé à France-Antilles en octobre 2025, il aborde les difficultés particulières des enquêtes menées dans des communautés où les liens personnels sont étroits. Il évoque notamment une investigation en Martinique qui touchait des cercles familiers de son passé. Il explique aussi l’importance qu’il accorde à la transmission de son expérience aux étudiants.

Sur le terrain politique, il soutient que la démocratie ne se résume pas au choix de représentants. Ses écrits et entretiens de 2026 accordent une place centrale à la participation citoyenne, à la liberté de la presse et au contrôle des pouvoirs. Ces idées constituent ses positions sur le fonctionnement démocratique.

Les livres et les idées qui marquent ses publications

Plusieurs de ses ouvrages prolongent sa réflexion sur l’information et la vie publique. Le droit de savoir paraît en 2013, suivi de La valeur de l’information en 2018 et de La sauvegarde du peuple en 2020.

Le 6 mars 2025, La Découverte publie Palestine, notre blessure. Plenel y développe ses arguments sur le conflit israélo-palestinien, le droit international et la responsabilité démocratique.

Avec La démocratie n’est pas l’élection, publié au Seuil le 6 mars 2026, il examine les limites d’une conception de la démocratie fondée sur le seul résultat électoral. Il défend une place plus large pour la participation civique et les garanties institutionnelles.

Ces publications relèvent de son travail d’auteur : elles exposent des analyses et des positions qui lui appartiennent.

Ce que l’on sait de la vie personnelle d’Edwy Plenel

Le Monde a présenté la sociologue Nicole Lapierre comme son épouse. Cette mention appartient à des publications antérieures et ne constitue pas une description actualisée de sa situation conjugale.

Plenel a lui-même identifié Ève Plenel comme sa fille dans des déclarations publiées, notamment dans sa déclaration professionnelle. Ces éléments publics permettent d’évoquer ses liens familiaux sans étendre le portrait à son quotidien privé.

Les activités récentes d’Edwy Plenel en 2025 et 2026

Le 4 octobre 2025, Plenel publie sur Mediapart un retour personnel sur l’enquête du Rainbow Warrior. Le même mois, il participe à une rencontre avec des lycéens en Guadeloupe, évoquée dans l’entretien de France-Antilles paru le 15 octobre.

Le 3 avril 2026, un entretien avec Le Média lui permet de développer ses réflexions sur la démocratie et les enjeux politiques contemporains.

En septembre, il intervient au festival Alternatiba Léman, à Genève. Dans un entretien publié le 7 septembre par Le Dauphiné Libéré, il aborde les traditions démocratiques suisses et la centralisation française. Le 8 septembre, Mediapart publie son analyse intitulée Présidentielle 2027 : affronter la possibilité du pire, consacrée aux dangers politiques qu’il associe à la progression de l’extrême droite.

Il poursuit également les entretiens de L’échappée. L’épisode publié le 25 septembre 2026 accueille l’historienne Éliane Viennot autour de la place des femmes dans l’histoire du pouvoir politique en France.

Conclusion

Le parcours d’Edwy Plenel associe l’enquête, la direction de rédaction et la construction d’un média indépendant. Ses livres et ses interventions prolongent les questions qu’il place au cœur de son métier : l’information du public, la responsabilité des pouvoirs et la participation démocratique.

La transition de 2024 a changé ses fonctions au sein de Mediapart. Ses publications et ses entretiens ultérieurs témoignent de la poursuite de son travail journalistique.

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