Corentin Moutet a construit son parcours sur le circuit professionnel par étapes, depuis une formation qui l’a conduit dans le Top 10 mondial junior jusqu’à son meilleur classement ATP, la 30e place mondiale, atteint en avril 2026. Entre-temps, le Français a remporté un Challenger à 18 ans, disputé plusieurs finales ATP, atteint les huitièmes de finale de deux tournois du Grand Chelem et représenté son pays aux Jeux olympiques ainsi qu’en Coupe Davis. Sa saison 2025 a constitué une période particulièrement importante, avec 31 victoires et deux premiers succès contre des joueurs classés dans le Top 10.
Quick Facts
| Champ | Détails |
|---|---|
| Nom complet | Corentin Moutet |
| Nationalité sportive | Française |
| Profession | Joueur de tennis professionnel |
| Main de jeu | Gaucher |
| Parcours junior | Ancien membre du Top 10 mondial junior |
| Meilleur classement ATP | N°30 mondial |
| Meilleur résultat à Roland-Garros | Huitième de finale |
| Représentation internationale | Jeux olympiques et Coupe Davis |
Des débuts juniors prometteurs à son premier titre Challenger
Avant de s’installer sur le circuit professionnel, Moutet avait déjà atteint le Top 10 mondial chez les juniors. Sa formation sportive avait commencé à structurer très tôt son quotidien. Dans un entretien accordé à l’ATP en 2020, il a expliqué avoir quitté son environnement familial vers l’âge de 12 ans pour aller s’entraîner dans le sud de la France dans un cadre fédéral.
Il a également évoqué le soutien reçu de ses parents, de son frère, de sa sœur et de ses amis pendant cette période. Ces déclarations donnent surtout un contexte à son développement comme joueur : la progression vers le haut niveau a impliqué des déplacements et des choix sportifs importants dès son adolescence.
Une première étape notable sur le circuit Challenger est arrivée en 2017. À 18 ans, il a remporté le tournoi de Brest, son premier titre dans cette catégorie. Son parcours comprenait notamment une victoire contre Stefanos Tsitsipas. Ce succès a précédé ses premiers résultats marquants sur le circuit ATP.
Les premières grandes étapes sur le circuit ATP
Moutet a disputé sa première finale ATP à Doha en janvier 2020, alors qu’il avait 20 ans. L’ATP indiquait qu’il était à ce moment-là le plus jeune Français à atteindre une finale sur le circuit depuis Richard Gasquet à Lyon en 2006. Il n’a pas remporté le titre, mais cette semaine au Qatar constituait son premier parcours jusqu’au dernier match d’un tournoi ATP.
Deux ans plus tard, son US Open 2022 a apporté un résultat plus inhabituel. Battu au dernier tour des qualifications, il a finalement intégré le tableau principal comme lucky loser. Il a ensuite remporté suffisamment de matches pour atteindre les huitièmes de finale.
Selon l’organisation de l’US Open, il est ainsi devenu le premier lucky loser masculin de l’histoire du tournoi à atteindre ce stade. Son parcours s’est arrêté le 4 septembre face à Casper Ruud, vainqueur en quatre manches. Cette performance reste l’un de ses résultats les plus significatifs en Grand Chelem.
Roland-Garros et les Jeux olympiques renforcent son parcours
À Roland-Garros, Moutet a franchi une nouvelle étape en 2024 en atteignant pour la première fois les huitièmes de finale du simple messieurs. Il y a affronté Jannik Sinner, qui l’a éliminé. Les données officielles du tournoi présentent toujours ce huitième de finale comme son meilleur résultat en simple à Paris.
Pendant cette édition, le Français a aussi parlé directement de l’importance du public. Après son troisième tour, il avait expliqué à la Fédération Française de Tennis que le soutien des spectateurs lui était précieux, notamment lorsque les matches devenaient plus difficiles.
Quelques semaines plus tard, il a de nouveau joué à Paris dans le cadre du tournoi olympique de 2024. Il y a représenté la France et atteint le troisième tour. La même saison l’a donc vu enregistrer deux parcours significatifs dans de grandes compétitions organisées dans son pays.
La saison 2025 marque une nouvelle progression
La saison 2025 a constitué une étape importante dans sa progression statistique. L’ATP lui attribue 31 victoires, son meilleur total sur une seule saison. Cette régularité s’est accompagnée de deux finales et de résultats obtenus contre des adversaires mieux classés.
Le 11 mai, à Rome, il a battu Holger Rune, alors n°10 mondial, sur le score de 7-5, 5-7, 7-6. Le match a duré 3 h 45. Il s’agissait de sa première victoire contre un membre du Top 10.
Un peu plus d’un mois plus tard, au Queen’s Club, il a réussi un résultat encore supérieur en termes de classement adverse. Le 17 juin, il a sauvé une balle de match avant de battre Taylor Fritz, alors n°4 mondial. L’ATP a présenté ce succès comme la meilleure victoire de sa carrière selon le classement de l’adversaire.
Moutet a également retrouvé une finale ATP à Majorque. C’était sa deuxième après celle de Doha cinq ans auparavant. Tallon Griekspoor s’est imposé 7-5, 7-6 le 28 juin.
Une autre finale a suivi à Almaty en octobre. Cette fois, Daniil Medvedev a remporté le titre en trois manches, 7-5, 4-6, 6-3. Moutet a terminé l’année à la 35e place mondiale, après une saison qui avait combiné volume de victoires, finales et premiers succès contre le Top 10.
La Coupe Davis et une approche plus collective de la compétition
En septembre 2025, Moutet a fait ses débuts avec l’équipe de France de Coupe Davis lors de la rencontre contre la Croatie. Il a remporté ses deux matches de simple et a notamment battu Marin Cilic pour donner le point décisif à la sélection française.
Cette compétition a aussi permis d’entendre le joueur expliquer ce que représentait pour lui un contexte collectif. Après son premier match, il a déclaré que jouer pour les autres donnait à l’expérience une dimension différente de celle du circuit individuel.
Après son succès contre Cilic, il est revenu plus précisément sur son approche du match. Il a parlé d’un plan reposant sur l’agressivité et l’intensité, tout en insistant sur la nécessité de faire mentalement un « reset » lorsque certaines séquences tournaient mal. Ses propos décrivaient alors une méthode appliquée à cette rencontre particulière plutôt qu’une formule générale valable dans toutes les situations.
Un jeu fondé sur la variation et l’adaptation
Les variations occupent une place identifiable dans le jeu de Moutet. Les comptes rendus officiels de ses matches font régulièrement apparaître les amorties, les montées au filet, les changements de rythme et, à certaines occasions, les services à la cuillère.
À Majorque en juin 2025, il a expliqué directement que ce dernier geste n’était pas utilisé automatiquement. Son choix dépendait notamment du positionnement du relanceur. Présenté de cette manière, le service à la cuillère s’inscrit dans une logique d’adaptation à ce que propose l’adversaire.
Ses déclarations plus anciennes permettent aussi de comprendre son rapport à la compétition. Dans son entretien avec l’ATP en 2020, il disait vouloir continuer à lutter jusqu’au dernier point et considérait les situations difficiles comme des occasions d’apprendre sur lui-même et d’améliorer son jeu.
En 2025, Moutet a expliqué adapter certaines variations au positionnement de l’adversaire et, en Coupe Davis, devoir se recentrer mentalement après les passages difficiles.
Le Top 30 atteint en 2026 après la progression de 2025
La dynamique de 2025 a précédé le meilleur classement de sa carrière. Le 20 avril 2026, l’ITF a enregistré Moutet à la 30e place mondiale. Les données plus récentes de l’ATP et de Roland-Garros retiennent également le n°30 comme son meilleur classement.
Ce sommet n’a toutefois pas correspondu à une progression régulière pendant toute la saison 2026. À l’Open d’Australie, il avait atteint le troisième tour avant de perdre contre Carlos Alcaraz. Son printemps a ensuite été plus compliqué.
Avant Roland-Garros, Moutet a lui-même reconnu manquer de confiance en raison de ses résultats récents. Il précisait néanmoins que son travail à l’entraînement se déroulait correctement et qu’il continuait à s’investir dans sa préparation.
Son tournoi parisien s’est terminé dès le premier tour. Tête de série n°30, il a été battu par Vit Kopriva au terme d’un match de 4 h 20, conclu 6-3, 5-7, 6-4, 3-6, 6-3.
Quelques mois auparavant, dans un entretien publié en janvier 2026, Moutet avait décrit 2025 comme sa première saison récente sans succession de retours de blessure. Il expliquait que cette continuité avait changé sa façon de travailler : les défaites pouvaient davantage lui servir à identifier précisément les éléments à améliorer. Il avait alors parlé d’une manière différente de considérer son métier et exprimé son souhait de continuer à progresser plutôt que de simplement maintenir son niveau.
Une saison 2026 ensuite perturbée par son poignet gauche
La suite de la saison a été compliquée par un problème physique dont Moutet a lui-même parlé publiquement. En août 2026, il a indiqué souffrir du poignet gauche depuis novembre 2025 et avoir continué à jouer malgré la douleur pendant plusieurs mois.
Après avoir battu Marton Fucsovics puis perdu contre Rafael Jodar au Masters 1000 du Canada, il a déclaré forfait pour le tournoi de Cincinnati. Dans son message personnel rapporté par L’Équipe le 12 août, il expliquait avoir finalement décidé de laisser son corps récupérer.
Cette gêne au poignet gauche est distincte d’un précédent épisode concernant son poignet droit, pour lequel l’ATP répertorie une opération en janvier 2023. Moutet a lui-même décrit la nature et la durée de son problème au poignet gauche ; aucun calendrier médical précis de récupération n’avait alors été annoncé.
Une progression construite par étapes jusqu’au Top 30
Le n°30 mondial atteint en avril 2026 reste le meilleur classement de Corentin Moutet. Après une saison 2025 particulièrement productive, son année 2026 a été plus difficile, avec des résultats moins réguliers et un forfait à Cincinnati après la douleur au poignet gauche qu’il avait lui-même signalée. Son parcours jusqu’au Top 30 apparaît ainsi comme une progression réelle, mais non continue, construite au fil de plusieurs saisons sur le circuit professionnel.
Vous pouvez également lire: Anna Cabana, du JDD aux pages Livres de La Tribune Dimanche.
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