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Carlos Ghosn: Renault, affaire, évasion, épouse et parcours

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn est un ancien dirigeant de Renault, Nissan et Mitsubishi Motors. Son parcours dans l’industrie automobile comprend le programme de redressement de Nissan et la direction simultanée de plusieurs constructeurs. Son arrestation au Japon en novembre 2018, puis son départ clandestin vers le Liban en décembre 2019, ont marqué une rupture dans sa carrière.

Installé à Beyrouth, il participe désormais à des activités de formation et d’accompagnement entrepreneurial. Plusieurs procédures judiciaires concernent également son ancienne activité professionnelle. Elles relèvent de juridictions différentes et ne présentent pas toutes le même statut.

FieldDetails
NomCarlos Ghosn
Pays de naissanceBrésil
FormationÉcole polytechnique et École des Mines de Paris
Domaine professionnelIndustrie automobile
Entreprises dirigéesRenault, Nissan et Mitsubishi Motors
ÉpouseCarole Ghosn
RésidenceBeyrouth, au Liban
Activité universitaireProfesseur honoraire de stratégies globales d’entreprise à l’Université Saint-Esprit de Kaslik

Des débuts chez Michelin à son arrivée chez Renault

Né au Brésil en 1954, Carlos Ghosn est diplômé de l’École polytechnique et de l’École des Mines de Paris. Il commence sa carrière chez Michelin en 1978.

Ses fonctions le conduisent à exercer des responsabilités en France, en Amérique du Sud et en Amérique du Nord. Ce parcours international précède son entrée chez Renault, en 1996, comme directeur général adjoint.

Le rôle de Carlos Ghosn chez Nissan et le Nissan Revival Plan

En 1999, il rejoint Nissan comme directeur général adjoint opérationnel. Le 18 octobre 1999, le constructeur présente le Nissan Revival Plan sous sa direction opérationnelle.

Le programme vise plusieurs objectifs : retrouver la rentabilité, réduire les coûts, diminuer l’endettement et renouveler les produits. Il constitue une étape centrale de ses premières années chez le constructeur japonais.

Ghosn devient président-directeur général de Nissan en 2001. Le 9 mai 2002, l’entreprise annonce que les principaux engagements du plan ont été atteints ou dépassés avec un an d’avance. Ce bilan correspond aux résultats et aux déclarations publiés par Nissan à cette date.

Renault, Nissan et Mitsubishi : une direction internationale

En 2005, Carlos Ghosn prend également la direction générale de Renault, tout en conservant ses responsabilités chez Nissan. Il cumule ainsi des fonctions dirigeantes dans les deux entreprises de l’Alliance.

Le 6 mai 2009, il devient président-directeur général de Renault : la présidence du conseil d’administration s’ajoute alors à ses fonctions de directeur général.

En 2016, il prend aussi la présidence de Mitsubishi Motors après l’intégration du constructeur dans l’Alliance. Son activité se situe dès lors au croisement des directions de Renault, Nissan et Mitsubishi Motors.

Rémunérations documentées et départ de Renault

Les communications de Renault permettent de préciser certains éléments de sa rémunération. Pour 2012, le groupe indique lui avoir versé 1,2 million d’euros au titre de ses fonctions de PDG, indépendamment de sa rémunération chez Nissan.

Pour l’exercice 2018, Renault fait état d’une rémunération fixe brute de 1 million d’euros. Une part variable de 224 000 euros avait également été calculée, mais le conseil avait recommandé aux actionnaires de ne pas l’approuver. Elle ne correspond donc pas à un versement confirmé.

Ces chiffres concernent des rémunérations professionnelles historiques, et non sa fortune personnelle actuelle.

Après son arrestation au Japon, Renault le maintient initialement comme PDG et confie temporairement la gestion opérationnelle à Thierry Bolloré. Ghosn démissionne finalement de ses fonctions de président du conseil et de directeur général en janvier 2019.

L’affaire Carlos Ghosn au Japon

Carlos Ghosn est arrêté au Japon le 19 novembre 2018. Les poursuites concernent notamment la déclaration de sa rémunération et des accusations d’abus de confiance liées à certaines opérations financières.

Nissan publie les conclusions de sa propre enquête interne. L’entreprise étant directement impliquée dans le différend, ses accusations se distinguent des constatations d’un tribunal. Ghosn conteste les faits qui lui sont reprochés. Son départ du Japon avant son procès laisse ces accusations sans jugement japonais tranchant sa culpabilité personnelle.

Les conditions de sa détention font également l’objet d’un désaccord institutionnel. Dans un avis de 2020, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire estime que certaines périodes de détention étaient arbitraires.

Le gouvernement japonais rejette cette analyse en 2021, affirmant qu’elle repose sur des erreurs factuelles. L’avis du groupe de travail porte sur la détention, sans statuer sur les accusations financières.

L’évasion du Japon vers le Liban en décembre 2019

Le 29 décembre 2019, alors qu’il est en liberté sous caution et attend son procès, Carlos Ghosn quitte clandestinement le Japon. Il rejoint le Liban en passant par la Turquie.

Les documents judiciaires américains décrivent son départ de Tokyo, son déplacement vers la région de l’aéroport international du Kansai et son embarquement dans un jet privé à destination de la Turquie. L’opération comprend sa dissimulation dans une grande caisse de matériel.

Michael et Peter Taylor reconnaissent devant la justice japonaise avoir participé à cette évasion. Un tribunal de Tokyo les condamne en juillet 2021.

Le 31 décembre 2019, Ghosn confirme publiquement sa présence au Liban. Il justifie son départ en affirmant avoir fui un système judiciaire qu’il jugeait injuste. Cette explication exprime sa propre position sur les poursuites et son traitement au Japon.

Carole Ghosn et les informations personnelles confirmées

Carole Ghosn est son épouse. Reuters rapporte qu’une réception liée à leur mariage a été organisée au Grand Trianon de Versailles le 8 octobre 2016.

En 2021, le couple publie Ensemble, toujours, un récit consacré à la période suivant son arrestation au Japon.

Carole apparaît également à ses côtés lors d’un entretien accordé à Reuters à Beyrouth en janvier 2020. À cette période, Carlos Ghosn déclare que son épouse et les autres membres de sa famille n’ont joué aucun rôle dans son évasion.

Une nouvelle vie professionnelle au Liban

Après son arrivée au Liban, Carlos Ghosn développe des activités liées à la formation de dirigeants et à l’entrepreneuriat.

L’Université Saint-Esprit de Kaslik, ou USEK, le présente comme professeur honoraire de stratégies globales d’entreprise. L’établissement confirme sa participation, depuis 2021, à des programmes exécutifs consacrés à la stratégie et à la performance.

Il intervient également dans l’accompagnement de jeunes entreprises et de projets entrepreneuriaux. Dans un entretien accordé à The National en 2023, il explique envisager l’éducation et la formation de dirigeants comme des moyens de contribuer au développement économique du Liban.

Ce que Carlos Ghosn dit de sa carrière et de son changement de vie

Dans un entretien publié par Knowledge at Wharton en 2009, Ghosn explique qu’une carrière ne peut pas être entièrement planifiée. Il insiste sur la nécessité de rester réceptif aux occasions imprévues.

Ses entretiens ultérieurs abordent davantage les changements intervenus après son départ du Japon. En 2021, il décrit à Harvard Business Review un quotidien plus régulier à Beyrouth, avec davantage de sommeil et de temps passé avec son épouse. En 2023, il évoque auprès de The National des déplacements moins fréquents et des horaires plus stables.

Dans un entretien académique publié en 2026, il présente son ancienne méthode de management comme reposant sur la rapidité de décision, la mesure des résultats et l’analyse des résistances internes.

Interrogé par Reuters à Beyrouth le 24 juin 2026, il revient aussi sur les appels de certains actionnaires de Nissan évoquant son retour. Il les interprète comme l’expression de leur frustration. Dans ce même entretien, publié le lendemain, il affirme qu’accepter un nouveau mandat chez Renault avant son arrestation avait été une erreur avec le recul.

Les procédures judiciaires hors du Japon

Aux États-Unis, Carlos Ghosn conclut un accord civil avec la Securities and Exchange Commission, la SEC, le 23 septembre 2019. Le dossier concerne les informations publiées sur sa rémunération chez Nissan.

Il accepte une pénalité civile d’un million de dollars ainsi qu’une interdiction de dix ans d’occuper certaines fonctions auprès d’émetteurs soumis à la réglementation américaine. Cet accord intervient sans reconnaissance ni dénégation des accusations et ne constitue pas une condamnation pénale.

La SEC évoque également plus de 140 millions de dollars de rémunérations et d’avantages de retraite concernés par son dossier avec Nissan, en précisant que ces sommes n’avaient pas été versées à Ghosn.

Cette procédure américaine est distincte des poursuites japonaises et du dossier français relatif aux rémunérations versées à Rachida Dati.

Le procès français de 2026 et la situation actuelle

Du 16 au 28 septembre 2026, Carlos Ghosn est jugé en son absence à Paris dans une procédure concernant des rémunérations versées à Rachida Dati par la structure Renault-Nissan.

Les accusations examinées comprennent notamment la corruption, le trafic d’influence, l’abus de confiance et l’abus de pouvoir.

Le 28 septembre, le Parquet national financier requiert contre lui quatre ans de prison ferme, 375 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer une société. Ces peines correspondent aux demandes du parquet, et non à une décision du tribunal.

Le jugement est annoncé pour le 21 janvier 2027. Au début d’octobre 2026, le tribunal n’a donc pas encore rendu sa décision dans cette affaire. Ghosn réside toujours au Liban, où plusieurs de ses entretiens récents ont été réalisés.

Conclusion

Le parcours de Carlos Ghosn associe la conduite du redressement de Nissan à des responsabilités simultanées chez plusieurs constructeurs automobiles. Depuis son départ du Japon, ses activités publiques comprennent la formation de dirigeants et l’accompagnement entrepreneurial au Liban.

Sa situation judiciaire exige de distinguer les accusations japonaises contestées, l’accord civil américain et la procédure française en attente de jugement. Ces dossiers ont des objets et des issues différents.

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