Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani est une écrivaine, journaliste et essayiste dont le parcours public est étroitement lié aux questions d’exil, de langue, de liberté et de laïcité. Elle quitte l’Iran avec sa famille pour Paris en 1985. Des décennies plus tard, elle continue de revenir sur cette rupture dans ses textes et ses entretiens, non seulement comme un souvenir d’enfance, mais comme une expérience qui a participé à sa construction intellectuelle.
Son activité est toujours soutenue en 2026. Elle publie régulièrement dans Le Point et intervient sur LCI. Ses prises de parole permettent aussi de documenter précisément sa manière de parler de l’intégration, de son rapport à la France et de la solidarité envers les personnes contraintes à l’exil. Plusieurs distinctions récentes ont par ailleurs accompagné son travail public et éditorial.
| Champ | Détails |
|---|---|
| Nom | Abnousse Shalmani |
| Lieu de naissance | Téhéran, Iran |
| Activités | Écrivaine, journaliste et essayiste |
| Formation | Histoire et lettres modernes |
| Médias actuels | Le Point et LCI |
| Engagement public | Soutien aux journalistes exilés |
| Rôle lié à la laïcité | Présidente du jury des Prix de la Laïcité |
| Distinctions | Prix Simone Veil, Prix littéraire Gisèle Halimi et Per Ahlmark Award |
De Téhéran à Paris, l’exil comme rupture fondatrice
Abnousse Shalmani quitte l’Iran avec sa famille en 1985 et s’installe à Paris alors qu’elle est encore enfant. Cette migration constitue l’un des éléments les mieux documentés de sa biographie et occupe une place durable dans la manière dont elle raconte son parcours.
Dans un entretien publié par la Maison des journalistes en 2020, elle décrit l’exil comme une expérience qui se transforme avec le temps. Il ne se résume pas, dans ses propos, au moment du départ. Il comprend également la reconstruction, l’apprentissage d’une nouvelle langue et l’appropriation d’une autre culture, sans effacer pour autant la mémoire du pays quitté.
Elle explique alors que l’Iran reste présent dans sa mémoire malgré plusieurs décennies passées en France. Dans le même entretien, elle estime qu’un exil peut aussi devenir heureux lorsqu’une personne parvient à construire un présent et un avenir dans un environnement libre.
Cette approche évite de réduire son parcours à une simple opposition entre deux pays. Ses propres déclarations décrivent plutôt un processus évolutif dans lequel le passé iranien et la vie construite en France continuent de coexister.
Le français, les livres et la transmission familiale
La langue française occupe une place particulière dans les souvenirs familiaux qu’Abnousse Shalmani a elle-même rendus publics. Dans un texte autobiographique publié en 2021, elle raconte avoir appris le français avec son père en travaillant sur Les Misérables de Victor Hugo, dictionnaire à la main.
Son père apparaît dans ce récit comme un lecteur constant. Les livres sont devenus un espace important de transmission entre eux et ont continué à jouer un rôle dans leur relation lorsque Shalmani a commencé à publier ses propres textes.
Elle a également évoqué un autre effet de l’exil : la perte progressive de sa capacité à lire le persan. Elle raconte que sa mère avait écrit une nouvelle en persan ayant reçu un prix, mais qu’elle-même n’était plus en mesure de la lire directement. Plus tard, son père pouvait lire ses propres livres à sa mère, permettant à la famille d’en discuter oralement.
Ses échanges avec sa mère sont décrits comme multilingues, mêlant le français, le persan et parfois l’anglais. Ces éléments familiaux sont connus parce qu’elle les a racontés elle-même et donnent un contexte concret à la place de la langue dans son parcours.
Des études littéraires à une carrière d’écrivaine et de journaliste
Avant sa carrière dans les médias et l’édition, Abnousse Shalmani a étudié l’histoire et les lettres modernes. Elle a étudié l’histoire et les lettres modernes ; aucun diplôme précis ni établissement universitaire n’est établi par les informations disponibles.
Sa carrière publique s’est développée autour de l’écriture, du journalisme et de l’essai. Chez Grasset, plusieurs ouvrages jalonnent cette activité depuis 2014, parmi lesquels Khomeiny, Sade et moi, Les exilés meurent aussi d’amour, Éloge du métèque et J’ai péché, péché dans le plaisir.
Ce dernier ouvrage, paru en 2024, a reçu la même année le Prix Simone Veil ainsi que le Prix littéraire Gisèle Halimi. La remise du second a eu lieu le 18 novembre 2024.
Son travail ne se limite pas aux publications en librairie. En 2026, son activité journalistique reste régulière, notamment à travers ses éditoriaux au Point et ses interventions dans les débats de LCI.
Une réflexion publique sur l’identité, la liberté et l’appartenance
Dans ses entretiens, Shalmani formule une conception précise de l’intégration culturelle. Lors d’un échange diffusé sur LCP en février 2022, elle dit préférer le terme d’« appropriation » à ceux d’assimilation ou d’intégration. Elle associe cette idée à une démarche active envers la langue, la culture et les valeurs du pays d’accueil.
Dans un entretien avec la Maison des journalistes, elle met également en avant les droits humains, les valeurs françaises et l’héritage des Lumières. Ces positions sont présentées par elle comme des repères personnels et intellectuels.
France Culture lui a consacré un entretien en avril 2024 au cours duquel elle résumait une partie de son parcours par l’idée d’avoir pu devenir le résultat de ses propres choix. Cette formulation relie directement, dans son discours, la liberté individuelle à la possibilité de se construire après l’exil.
Sa façon de parler de son identité a elle aussi évolué. En 2020, elle insistait encore fortement sur sa condition d’exilée. Dans une chronique publiée en juin 2025, elle se décrivait plus directement comme une Française née de l’exil et évoquait une vie quotidienne façonnée par près de quarante années passées en France.
Elle y parlait de références culturelles, d’amitiés et d’habitudes profondément inscrites dans son existence française, tout en mentionnant certains repas familiaux et traditions comme des liens conservés avec son enfance persane.
Son engagement public autour de la laïcité et de l’exil
L’exil n’est pas uniquement un thème autobiographique dans son travail public. Abnousse Shalmani a également été associée à la Maison des journalistes, dont elle a été marraine d’une promotion accueillant des journalistes contraints de quitter leur pays.
Interrogée par l’organisation, elle expliquait avoir accepté ce rôle en raison d’un devoir de solidarité envers les personnes forcées de partir pour des raisons politiques. Elle insistait également sur ce qui vient après l’accueil : la possibilité de travailler, de retrouver une autonomie et de reconstruire une vie.
La laïcité constitue un autre axe clairement documenté de son engagement public. Elle a présidé le jury des Prix de la Laïcité 2023, organisés par le Comité Laïcité République. La cérémonie s’est tenue le 8 novembre 2023 à l’Hôtel de Ville de Paris, où elle a également pris la parole.
Dans ses prises de parole vérifiées, elle associe notamment la laïcité à la liberté et aux valeurs qu’elle dit importantes dans son parcours en France.
Une présence médiatique toujours active en 2026
Durant l’été 2026, son activité professionnelle reste soutenue. Durant juillet et août 2026, sa page contributrice du Point recense des publications presque chaque semaine.
Le 26 août 2026, Le Point publiait encore un nouvel éditorial signé de son nom. Cette régularité établit son activité éditoriale au Point pendant l’été 2026.
Sa présence sur LCI est également confirmée en 2026. Une édition de la séquence Les Partis Pris, diffusée le 8 juin, la présente parmi les intervenants de ce format lié à 24H Pujadas.
L’année 2026 comprend aussi plusieurs distinctions. Le 19 février, elle a reçu le Prix du Crif – Pierrot Kaufmann lors du 40e Dîner du Crif. Puis, le 4 juin à Genève, UN Watch lui a remis le Per Ahlmark Award. UN Watch est une organisation non gouvernementale indépendante et non un organisme des Nations unies.
Ces récompenses récentes s’ajoutent aux distinctions obtenues en 2024, tandis qu’elle reste active dans la presse et les débats publics en 2026.
Ce que son parcours permet de comprendre
Le parcours d’Abnousse Shalmani relie plusieurs dimensions qui se retrouvent régulièrement dans son travail : le départ d’Iran pendant l’enfance, l’apprentissage du français, la place des livres, puis une carrière construite dans l’écriture et les médias.
Ses propres témoignages décrivent l’exil comme une reconstruction plutôt que comme un état figé. Ils montrent aussi combien elle associe sa trajectoire à la possibilité de choisir, de travailler et de s’approprier une nouvelle culture sans effacer entièrement celle de l’enfance.
En 2026, cette réflexion reste liée à une activité publique concrète. Ses chroniques au Point, ses interventions sur LCI, son soutien aux journalistes exilés et ses prises de parole sur la laïcité prolongent des thèmes qu’elle développe depuis plusieurs années. Son expérience de l’exil reste ainsi présente dans ses écrits, ses entretiens et plusieurs de ses engagements publics.
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